Quelle
est la durée d’un contrat d’assurance vie
?
La loi n’impose aucune durée minimum ni maximum.
Il faut donc se reporter aux clauses de la police
d’assurance (les conditions générales du
contrat) qui peuvent prévoir une durée minimum
au terme de laquelle le contrat sera prolongé par tacite
reconduction annuelle. La plupart des assureurs laisse le souscripteur
choisir librement la durée initiale du contrat. Il est
parfois interdit d’effectuer des versements après
le terme du contrat.
Enfin, il faut souligner le rôle important jouer par la
fiscalité. En effet, l’imposition des gains réalisés
grâce au contrat est pénalisante durant les huit
premières années et particulièrement si
un retrait a lieu au cours des quatre premières années
(voir Fiscalité « Les avantages de l’assurance
vie »).
Qu’est-ce qu’un contrat intergénérationnel
?
Les assureurs proposent depuis quelques années des contrats
dits « intergénérationnels ». Ils
concernent les grands-parents qui souhaitent avantager leurs
petits-enfants au travers d’un contrat d’assurance
vie.
En pratique, deux types de formules sont proposés.
Dans la première famille de contrats, le grand-parent
souscrit un contrat d’assurance vie et désigne
le petitenfant comme bénéficiaire en cas de décès
avec une clause prévoyant le paiement différé
de ce capital (à la majorité de l’enfant
ou pour ses 25 ans par exemple).
Ce type de contrat permet au grand-parent de garder la maîtrise
des capitaux de son vivant (arbitrage des supports, rachat du
capital, etc.)
- Si le grand-parent survit, le capital sera transmis au terme
du contrat sous forme de donation. Les droits de donation font
alors l’objet d’un abattement de 30 000 euros (les
30 000 premiers euros de donation ne sont pas taxés)
et d’une réduction de droits qui varie suivant
l’âge du donateur (50% si le donateur a moins de
65 ans, 30 % s’il a entre 65 et 75 ans). Dans cette hypothèse,
la donation aura donc lieu au terme du contrat, ce qui présente
deux inconvénients sur le plan fiscal. D'abord, l'abattement
de 30 000 euros se reconstitue tous les 10 ans (à compter
de la déclaration de la donation au centre des impôts).
La possibilité de bénéficier de nouveau
de cet abattement est faible si la première donation
a lieu tard, comme c'est le cas ici. Ensuite, la réduction
des droits de donation est d'autant moins intéressante
que le donateur est âgé.
- Dans la deuxième famille de contrats intergénérationnels,
le grand-parent donne un capital au petit-enfant afin qu’il
soit investi dans un contrat d’assurance vie. L’opération
est concrétisée sous la forme d’un pacte
adjoint (donation du capital sous condition de conserver les
fonds dans le contrat jusqu’à une date donnée)
qui figure en annexe du contrat d’assurance vie souscrit
au nom de l’enfant. Cette formule permet d’éviter
les inconvénients fiscaux qui viennent d’être
signalés (donation au terme du contrat). Mais elle présente
une faille sur le plan du droit civil.
En effet, les donations sont par principe effectuées
par acte notarié. Par exception, les dons manuels de
sommes d’argent, tels que remise d’espèces,
de chèque ou même virement, échappent à
cette obligation. Mais le pacte adjoint vient perturber ces
principes. Certes le code civil prévoit bien qu’un
don manuel puisse être suivi d’un pacte adjoint
qui d’une part constate l’existence de ce don, d’autre
part stipule des obligations à la charge du bénéficiaire
de la donation. Mais, dans le contrat intergénérationnel,
la donation, le pacte adjoint et la souscription du contrat
d’assurance vie sont simultanés. Le pacte apparaît
alors, non plus comme un don manuel, mais comme une donation
par écrit, non notariée, ce qui l’expose
à une possible demande de nullité par toute personne
intéressée (héritier non gratifié).
En tout état de cause, les contrats intergénérationnels
sont des produits très complexes dont la souscription
suppose une analyse juridique adaptée au cas par cas.
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